Où ça ?

par silenceonmange

Somewhere, Sofia Coppola (2011)

Ses trois premiers films, Virgin Suicides, Lost in translation et Marie-Antoinette, ont valu à Sofia Coppola le titre de « bonne élève du cinéma américain ». Fille à papa, l’enfant bénie d’Hollywood, fait toujours preuve d‘un bon sens et d’un goût à toute épreuve. Il ne fait aucun doute qu’elle sait s’entourer, choisir ses acteurs, ses décors, ses cadrages, sa musique sans jamais faire preuve de mauvais goût. Le résultat ? De très, très, très jolis films.

Les jolis films, c’est chouette. Un petit plaisir pour les yeux et les oreilles. Comme un bonbon cinématographique, un peu. Seulement, ce plaisir-là est un peu trop creux. Si Baudelaire se souciait du flacon pourvu d’avoir l’ivresse, avec Somewhere ce serait plutôt, qu’importe l’ivresse, vous avez vu comment il est beau mon flacon ?

Et c’est vrai que c’est très bien filmé, on ne peut rien lui reprocher au point de vue esthétique. A travers une palette de couleurs très grisonnante, Sofia Coppola restitue bien une certaine vision du monde supposément glamour et pailleté d’Hollywood et du mythique Château Marmont dans lequel réside Johnny Marco, grande star du cinéma interprétée par Stephen Dorff. Dans ce monde grisâtre, tout le monde s’ennuie, de Johnny aux strip-teaseuses lascives qu’il paie tous les soirs pour le bercer en se balançant nonchalamment à leur barres de pole dance. Jusqu’à ce que sa fille de 11 ans, Elle Fanning, sœur de, n’apparaisse tel un ange venu le tirer de son spleen et de son ennui. Avec elle il réalise enfin la vacuité de sa vie de star et quitte le château pour retrouver la « vraie vie ». Le couple père/fille est étonnant d’authenticité, la complicité est palpable et leur relation très touchante, plus que la condition de Johnny Marco dont le mal-être, bien que visible, est difficilement source d’identification.

 

Surtout que, ne l’oublions pas, le mal-être de l’élite n’est pas un sujet nouveau pour notre réalisatrice qui affectionne ce thème tout particulièrement. L’enferment et la déserrance dans un hôtel, la mélancolie, la célébrité pesante, tout était déjà présent dans ces premiers films. A force de filmer des gens qui s’emmerdent, c’est inévitable, on finit par bailler nous aussi. Sans qu’on ne puisse rien lui reprocher de concret, le film de Sofia Coppola n’a rien de concrètement attirant non plus.

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