Bilan, bilan… J’ai dit bilan ?

par silenceonmange

Toujours un peu retard, n’est-ce pas là mon charme? Non? Ok bon, c’est parti pour un traditionnel bilan de « fin » d’année.

 

Morts en série-

Mario Monicelli

L’année 2010 a été particulièrement endeuillée (ou est-ce l’âge qui fait que les morts me touchent de plus en plus parce que toutsimplement ma culture s’étend désormais au-delà des minets pour midinettes ?). Certaines morts ont été très médiatisée : Toni Curtis, Claude Chabrol, Dennis Hopper, d’autres personnes, non moins importantes, sont parties plus discrètement : Suso Cecchi D’Amico (scénariste, entre autres, de Visconti, esscousez du peu), Mario Monicelli (immense réalisateur de comédies italien), Arthur Penn (Little Big Man suffirait à avoir une carrière réussie et pourtant il ne s’est pas arrêté là), Furio Scarpelli (dont je vous ai déjà rapidement parlé). Ce qui ne fait plus aucun doute c’est la fin d’un certain cinéma italien qui perd petit à petit toutes ses plus grandes figures mais dont l’avenir n’est néanmoins pas aussi noir qu’on veut bien nous le faire croire.

Un cinéma italien pas aussi mort que promis-

Certes, le glorieux cinéma italien des années flamboyantes de l’après-guerre n’est plus. Mais cette année on a pu constater encore une fois que la production transalpine continue de livrer des propositions intéressantes. L’Heure du crime (bonjour la traduction de titre pourrie) de Giuseppe Capotondi, Draquila de Sabina Guzzanti et La Bocca del lupo de Pietro Marcello sont parmi les meilleurs films que j’ai vu en 2010, le dernier mercredi de l’année a vu la sortie de pas un, pas deux mais bien TROIS fims italiens d’un coup, que je n’ai pas eu le temps de voir mais qui semblent très prometteurs. Et surtout, on aime se plaindre de l’état de sommeil mi-éveillé dans lequel est plongé l’Italie nourrie à la télé berlusconienne, et pourtant cette année le cinéma italien s’est mobilisé contre les réformes du ministère de la culture, manifeste, envahit les tapis rouges et occupe la Casa del Cinema à Rome depuis octobre. La quasi totalité des acteurs du cinéma italien ont signé la pétition lancée depuis la Casa del cinema, mais vous n’en avez pas entendu parler dans les médias français, pas plus intéressés que les italiens, finalement. (Pour plus d’informations : cette page.)

 

Occupation de la Casa del Cinema

Palme d’or-

La Palme d’or c’est toujours délicat, ça rend le spectateur plus critique, suspicieux, attentif au moindre défaut. Il y a toujours un film plus réussi, plus brillant, plus touchant, plus abouti, plus mieux quoi, qui l’aurait mérité à la place de quelque que soit le film qui l’a eu. Moi la première, on aime contester le choix du jury cannois, et surtout on adore mépriser ce festival si bling-bling, paillettes et tapis rouge qu’on ne peut décemment pas faire confiance à ceux qui y participent. Cette année, non. Il ne fait aucun doute pour moi que la palme de cette année a été plus que méritée par Apichatpong Weerasethakul pour son Oncle Boonmee, qu’on ait aimé ou pas, un film pareil ne laisse pas indifférent et c’est déjà pas mal.

 

Une malédiction en 3D-

2010 a été l’année d’un au revoir. En 2010, la 3D a envahi nos salles, monopolisé nos écrans, et j’ai donc dit adieu aux dessins-animés. On peut espérer que cette mode des lunettes moches à 3,50 € passera comme elle l’a toujours fait, en attendant voir un dessin-animé tout plat est devenu une chasse au trésor à travers le parc cinématographique parisien. Heureusement que l’effort est souvent récompensé mais parbleu, faudra-t-il créer un lobby européen de spectateurs aux yeux tordus et insensibles aux nouveautés technologiques pour que le cinéma tel qu’on arrive à le voir sans migraine ou infections des yeux bizarres ou tout simplement tel qu’on l’aime survive?

 

Vive le chauvinisme-

Cette année j’ai vu des très bons films français, des films qui m’ont fait rire ou émue ou tout simplement étonnée, La comtesse de Julie Delpy en tête, suivie de près par Mammuth, Tournée, L’Arbre et la forêt, Le nom des gens, Potiche, La Vénus noir, Les Emotifs anonymes, Les invités de mon père, Gainsbourg vie héroïque, Rubber, j’en passe et des meilleurs. L’exception culturelle française a encore frappé avec succès, dans des genres très différents et c’est toujours aussi réjouissant d’avoir une cinématographie nationale de qualité.

 

Le cas des Petits Mouchoirs-

Cette année encore, le public n’en a fait qu’à sa tête et, faisant fi d’une critique plus que sceptique, s’est rué dans les salles applaudir la bande à Canet dans Les Petits Mouchoirs. Bizarre, bizarre, le succès d’un tel film. Moi, j’ai dit bizarre? Comme c’est bizarre.

 

Un Woody Allen vraiment pas en forme-

On ne peut pas produire que des chefs d’oeuvres quand on sort un film par an. Bon, cette année c’en était pas, en effet, mais l’année prochaine on attend Carla Bruni Sarkozy dans son premier rôle au cinéma, on sera sûrs de bien rigoler, cette fois.

 

Et puis des chefs-d’œuvres, enfin-

Le prix des plus beaux films que j’ai vu cette année revient ex-aequo à The Housemaid de Im Sang-Soo et A Single man de Tom Ford. Deux films et deux histoires très différents, mais pour un résultat similaire au niveau du plaisir esthétique. Deux styles laqués, visant au sublime et le touchant par moments. On ne peut qu’espérer retrouver cette grâce en 2011, qui vivra verra.

 

Colin Firth et Jon Kortajarena dans A Single Man

Et puis surtout cette année a été celle de la création de Silence ! On mange. Et forcément ça, ça la distingue de toutes les autres, forcément. En espérant que la première ne sera pas la dernière, bonne année 2011 à tous, mangez, buvez et allez au cinéma, ça sera déjà un bon début pour passer une bonne année.

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