Happy parisiens

par silenceonmange

Happy Few, Antony Cordier (2010)

On dirait pas comme ça, mais Happy Few est vraiment un film à paillettes. Derrière des apparences de simplicité, on cherche à nous en mettre plein la vue pour détourner notre attention de la banalité et surtout de la vacuité du propos, à la manière d’un chef débutant qui cherche toujours l’appellation et la présentation la plus compliquée pour son plat. La volonté de paraître subversif d’Antony Cordier tombe et retombe à plat. L’histoire d’échangisme et d’amour à quatre et son dénouement s’annoncent avec des gros sabots dès les premières minutes du film (parce que tout le monde sait que L’amour c’est mieux à deux), puis on passe l’heure et demie restante à se féliciter soi-même de sa perspicacité.

Les paillettes de Happy Few, c’est tout plein de petits trucs qui sont censés être glamour mais qui finissent par être plus énervants qu’autre chose.

Ingrédients :

Le milieu plus bobo que bobo parisien et un casting fait pour leur faire plaisir.

Des métiers de rêve tellement pas contraignants qu’on peut batifoler toute la journée avec son “amant”

Des enfants qui savent disparaître et réapparaître selon les besoins des scénaristes

Des maisons qui n’existent que dans les fantasmes des parisiens et qu’apparemment s’achètent avec les salaires de rêves des boulots de rêves suscités

Un été parisien ensoleillé du 1er juillet au 31 août (jamais vu dans la vraie vie)

Des corps nus filmés de près (sauf un des quatre qui apparemment n’a pas voulu se dénuder et gâche un peu la zolie image de fin)

Des scènes de cul où tout le monde prend son pied même le lit (on avait jamais vu ça au cinéma !)

Environ une bonne grosse heure d’absence d’histoire avant d’arriver à la crise qui semblait inévitable mais qui n’a pas vraiment été préparée et qui surgit un peu de nulle part. Et puis le film est fini.

Mais si on cherche un peu à comprendre ce que l’on a voulu nous raconter, on est obligé de supposer que c’était quelque chose qui a été laissé hors champ et que même la caméra portée, pourtant bien secouée, n’a pas réussi à cadrer.  Parce que ce que j’ai vu c’est surtout des gens très satisfaits de leur ouverture d’esprit et de leur coolitude. Et le zizi de Nicolas Duvauchelle.

Rajouter à la liste des ingrédients : farine

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