What does a geek eat ? I have a big bang theory.

par silenceonmange

The Big Bang Theory, Chuck Lorre et Bill Prady (2007-encore en production)

Les lycées américains ont mis en place un système hiérarchique qui fait la joie de nombre de  leur séries télévisées, réalité ou fantasme fictionnel récurrent, c’est en tout cas la seule image que l’on a du lycée d’outre-Atlantique. Il y a les « cheerleaders » et les sportifs plutôt superficiels et crétins, mais au summum du cool, et tout en bas, les « geeks » et autres « nerds », les maigrichons, plutôt doués en cours et en informatique, passionnés de jeux vidéos, BD et science-fiction et forcément incapables de séduire les filles ce qui en fait soit des puceaux de première, soit de grands frustrés. En général, on ne retrouve ces catégories que dans les séries mettant en scène des lycéens, les séries pour adultes représentant un monde non moins stéréotypé mais où les stéréotypes ont pour le moins évolué, surtout parce que le geek d’hier est en général le chef d’entreprise d’aujourd’hui.

The Big Bang Theory, série créée par Chuck Lorre et Bill Prady en 2007, fait exception à cette règle. Les quatre protagonistes, Howard (Simon Helberg), Raj, (Kunal Nayyar) Leonard  Johnny Galecki) et Sheldon (Jim Parsons), sont d’éternels adolescents, des scientifiques qui travaillent à l’université (signe d’une incapacité à quitter l’univers scolaire ?). Ils possèdent toute la panoplie du “geek” qui refuse de grandir : les figurines de personnages de comics, les jeux vidéos, les looks plus qu’improbables, l’incapacité à se faire des filles, Raj est même littéralement incapable de parler à une femme. Ils appartiennent donc, sans appel possible, au groupe des geeks depuis le lycée.

Ce qui semble prédéterminer le geek à être geek, c’est son incompatibilité physique aux idéaux du lycée américain, et en particulier son inaptitude au sport. Cette incompatibilité se traduit souvent dans des défaillances telles que l’asthme ou d’autres maladies plus ou moins graves et surtout dans des allergies alimentaires très récurrentes. Le geek ne se nourrit pas comme les autres. Et nos héros de The Big Bang Theory ne font pas exception : Sheldon est tellement exigent (et tend vers l’autisme) qu’il est contraint de suivre un emploi du temps alimentaire très strict, en se nourrissant toujours dans les mêmes restaurants les mêmes jours sous peine de voir son estomac réagir très défavorablement, Howard, alors que sa judéité devrait déjà être une contrainte, ne suit pas le régime casher, en revanche il est allergique aux noix et surveille de près tous les plats thaïlandais qui lui sont proposés. Raj ne souffre pas d’allergies alimentaires mais l’alcool, même à très faibles doses, lui permet d’être suffisamment désinhibé pour parler aux femmes. Leonard, enfin, fait une intolérance au lactose, on verra l’importance de ce choix. La nourriture et l’alcool jouent donc un rôle primordial dans les vies des quatre protagonistes, puisqu’ils doivent sans cesse surveiller ce qu’ils mangent et boivent.

Dans le premier épisode de la série, une nouvelle voisine, Penny (Kaley Cuoco), s’installe en face de chez Sheldon et Leonard. On reconnaît tout de suite l’ex-cheerleader un peu stupide dont Leonard aurait pu tomber amoureux au lycée. Et d’ailleurs ça ne rate pas, il tombe éperdument amoureux d’elle. L’incompatibilité entre les deux est totale : elle n’a pas fait d’études, il a un doctorat en physique appliquée, elle croit en l’astrologie, il ne croit qu’en la science, elle ne connaît rien à l’univers des comics et de la science-fiction, il y consacre tout son temps libre. Et, en plus de tout ça, elle travaille dans un restaurant spécialisé dans le cheesecake, alors qu’il est intolérant au lactose. La nourriture symbolise toutes les faiblesses des personnages et tous les obstacles qu’ils devront surmonter. Ce détail à lui seul représente le gouffre qui sépare Penny de Leonard, rien ne semble jouer en leur faveur, pourtant les films et les séries américaines aiment réunir les individus qui n’ont en apparence rien à faire ensemble et on devine que la série se conclura sur un happy end pour Penny et Leonard, peut-être autour d’un cheesecake sans produit laitier que je vous propose de réaliser, pour leur porter chance.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités