When you don’t know how to be strange

par silenceonmange

When you’re strange, Tom DiCillo (2010)

La réception d’un film est étroitement liée aux attentes que l’on a développées au sujet de ce film. Et c’est vrai d’un peu tout finalement. Mettons que je gagne un jour au Loto, et que je décide d’investir une partie de mes gains dans un repas chez Thierry Marx, le gourou de la cuisine moléculaire. Je m’attendrais à être surprise, à ce qu’on me fasse goûter toutes sortes de plats aux consistances jusque-là inconnues. Si l’on me sert un steak-frites, forcément je serais déçue, quand bien même ce serait la meilleure viande argentine et les frites les plus croustillantes de la Pampa. De même, quand je vais voir un documentaire sur les Doors, bêtement peut-être, je m’attends à voir un film halluciné et hallucinant, un montage psychédélique, déroutant et envoutant, que la voix de Johnny Depp m’emmène et me berce, me perde et me rattrape. Avec When you’re strange de Tom DiCillo, ce ne fut pas le cas, et c’est le moins que l’on puisse dire.

Après une tentative assez intéressante, quoiqu’inaboutie, de jouer avec les archives en montant la bande-son de l’annonce de la mort de Jim Morrison, avec les images du seul film réalisé et interprété par ce même Jim, comme pour tenter de rendre vraies les théories selon lesquelles il serait tellement vivant qu’il apprend sa mort à la radio alors qu’il traverse une de ses routes interminables que l’on ne voit qu’aux Etats-Unis. Tiens, intéressant, pense-je à ce moment-là. Car même sans savoir qu’il s’agit du film de Jim, je reconnais tout de même sa barbe. S’ensuit un rewind d’images d’archives des Doors, façon un peu lourde de signifier le flash-back mais jolie quand même. Et puis, c’est le drame. Le reportage Arte commence, lent récit chronologique de l’histoire des Doors en général et de Jim Morrison en particulier. Certaines anecdotes font la joie de la nostalgique des années 60-70 que je suis (les Who en première partie des Doors… Le rêve.), mais cela reste des petits moments ponctuels perdus dans un récit trop long, trop détaillé, trop cohérent, trop banal. Et la voix de Johnny Depp n’est là que pour nous raconter ce que le collage scolaire d’images ne peut dire seul, confirmant l’idée que le pirate des Caraïbes est plus un atout publicitaire qu’autre chose. Pourtant l’archiviste a fait un travail extraordinaire, la quantité d’images est impressionnante pour un groupe a la vie si brève. Dommage que Tom DiCillo n’ait pas su jouer avec ces images et s’est contenté de les assembler dans l’ordre le long d’une frise chronologique.

En somme il s’agit surtout d’un documentaire bien pratique lorsque l’on veut connaître la vie et l’œuvre des Doors, si on a un exposé d’anglais par exemple. J’ai rien contre les exercices scolaires, mais j’avais commandé une meringue à l’azote liquide

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